Besancenot et le voile: quand multiculturalistes et féministes se crêpent le chignon

Besancenot et le voile: quand multiculturalistes et féministes se crêpent le chignon

Je m'attendais à voir Besancenot encensé pour avoir fait venir sur sa liste une militante voilée. Et si j'ai eu la grande surprise de le voir pratiquement unanimement désavoué, c'est sûrement que j'avais sous-estimé le poids des lobbys féministes.
Sur le fond, tout le monde a compris qu'il s'agit d'une ficelle électoraliste grossière; la posture "pour" ou "contre" le voile permet de faire parler de soi à peu de frais. Nonobstant cela, je ne m'associe pas au flot de critiques qui visent Besancenot. Quand on sait que les partis politiques présentent régulièrement, en vrac, des politiciens participant activement à la Gay Pride, des identitaires noirs ou blancs, des régionalistes, ou encore un militaire israélien (Arno Klarsfeld), je ne trouve pas le procès au communautarisme fait au NPA équitable. S'il vient de laïcistes républicains impeccables, comme Mélenchon, c'est valable. Mais j'avoue pour ma part être plus gêné par le trotskisme de cette candidate que par son voile.

Sur le voile, une légère mise au point s'impose. Je ne suis pas un grand avocat du voile. D'abord, cacher des beaux cheveux est un gâchis (avis partagé par le ministre de la culture égyptien, Farouk Hosni); cacher les formes, je veux bien, cacher les cheveux, est inutile. Ensuite, ce n'est pas une condition obligatoire pour la religion -et toutes les musulmanes que je connais sont très pieuses sans s'encombrer de voile pour autant. Enfin, c'est un signe ostentatoire de religion, et l'on sait à quel point je suis réservé dessus.
Mais enfin, si une fille éprouve le besoin de cacher ses cheveux, pourquoi l'en empêcher? Nos grand-mères avaient leurs châles, bien souvent. Tout au plus pourrait-on souhaiter que ce soit fait par un foulard au design plus "français", mais c'est du détail.

Mais tout le monde n'est pas habilité à tenir ces propos. Je ne suis pas hostile au fait de cacher les cheveux, parce que je suis conservateur, respectueux des valeurs religieuses, et pas féministe. Mais QUI a enlevé les châles de nos grand-mères, qui a guerroyé pendant des années contre la religion? Qui, si ce ne sont les trotskystes? Et c'est là que le bât blesse.
C'est qu'Olivier Besancenot a réalisé un attelage très étrange, où ses convictions trotskystes se mélangent à la piété traditionalistes. Exit la religion "opium du peuple" de Marx (Besancenot l'a-t-il seulement lu?) Exit le "ni Dieu ni Maitre!"
Inversement, cette militante voilée semble avoir les idées un peu embrouillées. Elle qui semble tenir à sa religion au point de se voiler en public, croit-elle que les trotskystes ont la moindre amitié pour le fait religieux? Que ses militants athées, pro-avortement, pro-gays, favorable à la légalisation des drogues, féministes enragés, vont accepter l'obéissance d'une femme aux règles religieuses?
Marie-Georges Buffet et Martine Aubry l'ont bien compris, elles qui, féministes de longue date, voient avec horreur une femme pieuse et traditionaliste infiltrer les révolutionnaires. Jean-Marie Le Pen, lui aussi, est cohérent: il a défendu hier le voile catholique, il défend aujourd'hui le voile islamique, au nom du respect des valeurs religieuses, et d'une certaine hostilité à la laïcité.

Mais Olivier Besancenot, lui, que défend-il? Une femme qui cache ses cheveux est-elle une intégriste religieuse hostile au progrès, comme on entendait en mai 68? Ou est-elle une candidate potentielle? Les coups médiatiques peuvent avoir leur intérêt, s'ils restent recouverts d'un vernis de crédibilité en façade. Besancenot a voulu mélanger le traditionalisme religieux paternaliste, avec le communisme révolutionnaire sans dieu ni maître. La ficelle était trop grosse. Ce qui explique qu'il soit désormais démoli par son propre camp, en renfort de la droite. Le seul à se marrer dans l'affaire étant Le Pen. Et objectivement, on peut le comprendre.

# Online seit Freitag, 05. Februar, 2010 um 14:23

Affaire Georges Frêche: un emballement pas très catholique.

Affaire Georges Frêche: un emballement pas très catholique.

A titre personnel, je n'éprouve pas une grande sympathie à l'égard du socialiste Georges Frêche. Son très bon bilan régional, son mépris pour Mitterrand et sa gouaille méditerranéenne ne suffisent pas pour me séduire, tant certaines de ses positions, notamment en politique étrangère, me rebutent.
Pour autant, je n'aime pas le lynchage; or, je constate que ce n'est pas la première fois que l'on s'acharne sur Frêche, dont le caractère sanguin fait une cible facile. Petit rappel des faits.

En 2006, il traite des Harkis de sous-hommes. Gros emballement médiatique, mise à l'écart du PS, s'ensuivent. Si ses propos sont honteux, on ne peut cependant y voir du racisme. Harki, ce n'est ni une race, ni une ethnie, ni même une nationalité. Par ailleurs, les efforts faits par Frêche pour l'accueil des enfants de Harkis -oubliés par de nombreux autres politiciens - plaident contre l'hypothèse de propos racistes.
La même année, il s'interroge sur le nombre de Noirs dans l'équipe de France. Cette vision communautariste est certes critiquable... mais pas pire que celle qui estime qu'il y a trop de Blancs à l'Assemblée Nationale!

En 2009, nouvelle polémique: interrogé sur Laurent Fabius, il déclare qu'il ne voterait pas pour lui, parce qu'il a "une tronche pas catholique". "Pas catholique", c'est une expression française vieille de plusieurs siècle (à l'époque, la France était encore totalement sous la coupe de l'Église); elle signifie "pas net", "pas clair"; elle stigmatise des comportements irreligieux et malsains, comme l'adultère, la mesquinerie, la dissimulation, etc.
Chacun est donc libre d'estimer que Laurent Fabius, que ce soit au titre du sang contaminé, de ses reniements idéologiques, ou autres, n'est "pas net", donc "pas catholique".

Seulement voila: les socialistes, SOS Racisme, sans compter les inénarrables flingueurs de l'UMP y vont vu des propos antisémites (sic). La raison? Laurent Fabius serait de confession juive. La réaction la plus grotesque a été celle de Frédéric Lefebvre, qui a estimé que "la communauté juive" avait été attaquée. D'abord, en plein débat sur l'identité nationale, monsieur Lefebvre devrait savoir qu'il n'y a pas de "communautés" en France. Et de une. Ensuite, Laurent Fabius ne représente pas plus les juifs, que Sarkozy les chrétiens ou Besancenot les athées. C'est même très insultant envers nos compatriotes de confession juive de les assimiler ainsi à un politicien quelconque. Et de deux. Enfin, monsieur Lefebvre, mais aussi Martine Aubry, Vincent Peillon, Jack Lang, Eric Raoult, les responsables de SOS Racisme, devraient prendre des cours de Français. Ils y apprendraient que "pas très catholique" est une expression de notre terroir, et pas une injure antisémite. Et de trois.

Cela m'énerve d'avoir du jouer l'avocat d'une crapule comme Frêche. Mais il y a des moments où la mauvaise foi, la paranoïa et la surenchère censitaire deviennent insupportables. Le propos de Georges Frêche sur Laurent Fabius était peut-être indélicat, mais il n'était tout simplement pas antisémite.

# Online seit Donnerstag, 28. Januar, 2010 um 07:05

Identité nationale: un débat gâché?

Identité nationale: un débat gâché?

Le débat sur l'identité nationale, malgré les motifs électoralistes qui l'animent, aurait pu être passionnant. Qui pourrait croire que la nation française ne connait aucun problème d'identité? Il y avait là tant de chose à débattre, que je m'en réjouissais d'avance. Et puis, plusieurs mois après, ce débat m'énerve de plus en plus; et pire, je trouve qu'il est en train de se pourrir complètement.
Je ne fais pas partie des bien-pensants angéliques qui hurlent au racisme, voire au fascisme (le ridicule ne tue pas dit-on...) à la moindre critique d'une religion, ou au moindre propos un peu crû. Mais, après les clowneries de Nadine Morano, la phrase de Jean-Claude Gaudin sur "les musulmans" qui défilent à Marseille avec le drapeau algérien, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'ai moi aussi été choqué de voir les grandes villes françaises envahies par des drapeaux étrangers (algériens, en l'occurrence). Mais c'est un problème de communautarisme, pas de religion (pour rappel, les musulmans d'origine égyptienne, par exemple, ne sont pas sorti manifester ce soit-là...)


Trois sujets essentiels auraient du être abordés dans ce débat sur l'identité nationale: l'Union Européenne, qui la menace de l'extérieur, le communautarisme qui la menace de l'intérieur, et l'immigration. Or, tous ces thèmes semblent éclipsés pour laisser la place à l'Islam, hochet jeté à la foule pour dissimuler le fait que l'on ne débat pas sur les vrais problèmes.

Un vrai débat sur l'identité nationale n'aurait pu exclure la question européenne. Rien n'a modifié plus profondément l'ossature française, sa tradition politique et sociale, que l'Union Européenne. Notre langue, le Français, est mis en danger par des directives européennes consacrant sans cesse la supériorité de l'Anglais. Notre tradition centralisatrice est remise en cause par le soutien de l'UE au régionalisme galopant. Notre modèle social d'Etat-providence est progressivement démantelé par des règles européennes qui ont fait du libre-échange un dogme. Notre politique étrangère d'indépendance nationale est elle-même attaquée, par nos partenaires européens qui ne rêvent que d'une défense européenne sous le parapluie de l'OTAN. N'y avait-il pas là matière à débattre pendant des heures et des heures?

Ce débat aurait également du se focaliser sur la question de l'immigration. Les maigres expulsions effectuées par Eric Besson sont dérisoires. La France voit entrer chaque année, que ce soit "choisi" ou "subi", des centaines de milliers d'immigrés. Cette politique d'immigration ne profite à (presque) personne. Elle permet de faire pression à la baisse sur les salaires des Français déjà présents. Elle ne profite pas aux malheureux qui arrivent et qui, au mieux sont utilisés comme main-d'oeuvre pas chère par des patrons sans scrupules, au pire finissent parqués dans des squats ou s'écrasent sur les récifs. Elle ruine enfin les pays d'Afrique, en pompant toute cette main-d'oeuvre dont ils auraient tant besoin. Elle ne profite dans le fond qu'à une poignée d'industriels fortunés qui y voient le moyen de s'enrichir sur le dos, et des immigrés, et des Français.
Cette immigration devrait évidemment être évoquée dans le débat sur l'identité nationale; le général De Gaulle l'avait dit: "on peut assimiler des individus, mais pas des peuples". Une immigration massive, sans volonté d'assimilation, sans débouché social pour les enfants d'immigrés, ne peut que déboucher sur un communautarisme particulièrement dangereux.

Le communautarisme est d'ailleurs la troisième question essentielle qui aurait due être abordée. Or, ce n'est que partiellement le cas. Un seul communautarisme est dénoncé, le communautarisme musulman. La burqa, l'endogamie des populations musulmanes, les demandes de repas halal, sont certes préoccupants. Mais c'est prendre les gens pour des idiots que de prétendre que seul l'Islam poserait ces problèmes. Il existe un communautarisme noir, un communautarisme juif, aussi actifs, et aussi dangereux. Le CRAN de Patrick Lozès (qui considère Barack Obama comme "son" président) essaie depuis des années d'imposer la discrimination positive en France -non sans un certain succès. Le CRIF de Richard Prasquier joue le rôle, et de grand inquisiteur de France, déterminant les personnalité fréquentables ou non, et d'ambassade d'Israël, engueulant régulièrement les ministres ne servant pas assez les interêts de cet Etat (et faisant monter l'antisémitisme dont sont victimes les Français de confession juive, ainsi pris en otage). Les patriotes, quant à eux, sont gangrenés par des groupes communautaristes blancs, dont les fameux "Identitaires". Et il ne se passe pas une semaine sans que des Français issus d'un autre pays (en vrac, Algérie, Serbie, Turquie, Chine, Portugal, Liban...) ne clament leur attachement à ce pays.
Face à tous ces communautarisme, le seul dénoncé est celui des musulmans. Je comprends honnêtement que ces derniers finissent par se sentir agressés. Ils sont les seuls pointés du doigt pour une attitude qui existe chez les noirs, les juifs, les blancs, et autres groupes ethnico-religieux.
Le débat sur l'identité nationale aurait donc du tenter une lutte contre tous les communautarisme, et ne pas pointer uniquement le communautarisme musulman pour laisser les autres se développer. Le deux poids deux mesures n'est pas acceptable pour des sujets aussi graves. Mais il est vrai que l'exemple ne vient pas d'en haut. Entre Rachida Dati qui prénomme sa fille "Zhora", ou Nicolas Sarkozy dont le petit-fils s'appelle "Solal", le gouvernement ne me semble pas composé d'anti-communautaristes farouches.


Voila, donc, tous les problèmes dont on aurait pu parler dans un débat sérieux sur l'identité nationale. La destruction du modèle français par l'Union Européenne. Une immigration massive empêchant toute assimilation, et mettant en danger tant l'identité française que les immigrés eux-même. Un communautarisme galopant, pratiqué par toutes les couches, toutes les religions, de la société française. Au lieu de débattre de ces trois menaces, UE, immigration, communautarisme, on a jeté l'Islam en pâture à l'opinion publique. Résoudre ces trois problèmes nous aurait de facto évité d'avoir à débattre de la burqa et autres broutilles. Surtout, c'eut été vraiment résoudre les problèmes de l'identité française. Se contenter de stigmatiser une religion et ses fidèles, ce n'est ni honnête, ni efficace pour la préservation de notre identité.

# Online seit Montag, 18. Januar, 2010 um 18:51

"Mon Dieu, que vous êtes français!"

"Mon Dieu, que vous êtes français!"

Le vote des Martiniquais et des Guyanais, qui ont rejeté massivement (à 80% et 70%) le statut d'autonomie qu'on leur proposait par référendum, est une très bonne nouvelle. Il est la preuve que nos compatriotes d'Outre-Mer aiment la France, qu'ils se sentent pleinement français, et qu'ils ne veulent pas de cette pseudo-indépendance que certains leur font miroiter.

Encore une fois, le peuple a donné une gifle à ses élites. Le séparatiste Elie Domota et son LKP, les politiciens locaux, les autonomistes symbolisés par Christiane Taubira, ont été massivement désavoués par le vote populaire. Ainsi d'ailleurs, que la gauche qui avait réclamé ce référendum, et que le gouvernement qui l'avait accepté. Comme en 2005, une décision du peuple contrariait les élites. Comme en 2005, ces dernières réagissent par un incroyable mépris envers le vote populaire. Christiane Taubira, les conseilleurs régionaux locaux, les journaux de gauche, ont parlé d'un vote motivé par la peur. Les Martiniquais, les Guyanais, auraient eu peur de perdre leurs acquis sociaux, en clair, auraient voté "non" pour l'argent. Quel mépris! Soit ces gens pensent ce qu'ils disent, et cela montre à quel point ils sont coupés du peuple; soit ils ne le pensent pas, et il s'agit d'une réaction mesquine de fureur, suite à leur échec.

Mais il faut maintenant se montrer responsable. Ces Français de Martinique et de Guyane ont choisi de clamer leur amour à la France, au grand damn de tous les politiciens et syndicalistes locaux. La France ne doit pas trahir cette confiance. Il est indéniable qu'il existe dans ces territoires d'Outre-Mer une situation sociale déplorable, et qu'il faut la résoudre au plus tôt. Malheureusement, ça fait longtemps que les gouvernements français n'accordent pas assez d'importance aux territoires d'Outre-Mer. Aujourd'hui, Martiniquais et Guyanais ont redit leur attachement à la France; ils sont prêts à remplir les devoirs que la patrie pourrait leur demander. En échange, elle doit leur donner les mêmes droits, et notamment le même système social, que les Français du continent. Sinon, la déception et l'injustice qu'ils en ressentiraient seraient sûrement récupérés par tous ces séparatistes locaux qui ont été désavoués aujourd'hui.

On peut donc se réjouir de ce vote, mais il faut maintenant agir. Si des peuples veulent l'autonomie et l'indépendance, qu'ils la prennent, et qu'on ne s'occupe plus d'eux. Mais ceux qui veulent rester Français, doivent en être récompensés. C'est en mettant fin aux injustices qu'ils subissent, qu'on se débarrassera de cette plaie que sont les autonomistes.

# Online seit Dienstag, 12. Januar, 2010 um 18:43

Harry Roselmack n'a pas volé sa place à TF1: la preuve par le mouton.

Harry Roselmack n'a pas volé sa place à TF1: la preuve par le mouton.


Le pouvoir économique et politique a toujours su jouer sur la modernité et les causes sociétales de ses "idiots utiles" pour faire passer la pillule à ceux dont il profite. A la fin du siècle, le féminisme était la grande mode; c'est ainsi qu'on a fait venir, en vrac, Thatcher, Merkel, Cresson, qui ont été aussi impitoyables que leurs homologues masculins, mais saluées par l'ensemble des progressistes comme "femmes". Le capitalisme a bien saisi, également, que la nouvelle mode, c'était les minorités ethniques; d'où l'élection à la tète des USA, antre du capitalisme mondialisé, d'un métis. Ce qui a permis de voir une gauche se revendiquant comme anti-capitaliste devenir farouchement américanolâtre. Peu importe qu'Obama continue la politique de ses prédecesseurs, pour ces gens qui fonctionnent désormais selon un logiciel de lutte des races et non de lutte des classes. De même en France, ou la gauche, prisonnière de son logiciel anti-raciste, se met maintenant à soutenir Rama Yade quand bien même elle s'opposerait au gouvernement en le doublant sur sa droite.

TF1, toujours à la pointe de la modernité, a compris cela depuis longtemps. Privilégiant l'apparence au professionalisme, comme l'ont montré l'éviction de Florence Schaal et la nomination de Laurence Ferrari, aussi belle qu'incompétente, la chaîne a su jouer sur cette modernité avec son nouveau gadget, Harry Roselmack. Peu importe que ce journaliste, fort sympathique au demeurant, soit un partisan farouche de la discrimination positive, et ait joué la-dessus pour sa nomination. Il a permit de fidéliser un TF1 un public de naïfs qui, sans juger son professionalisme, ont fait de Roselmack leur présentateur préféré, puisqu'issu "de la diversité".

Mais, avec sa récente affaire de mouton vivant, trouvé dans le coffre de la voiture de son passager, et destiné à être prochainement égorgé pour l'Aïd, Harry Roselmack vient de montrer que les méthodes de TF1 ne changent pas. Sur la forme, tout d'abord, sa justiciation selon laquelle il ne faisait que son travail, ne tient pas. Un journaliste peut bien sûr enquêter sur des milieux ou la loi ne s'applique que partiellement. En revanche, il ne peut pas participer de manière aussi nette et décontractée à une violation de la loi. Lorsqu'un individu va chercher un mouton vivant pour l'égorger, le journaliste n'a pas à l'accompagner.

Mais surtout, les buts de cette manoeuvre me paraissent particulièrement malsains. On imagine d'ici le reportage, si Harry Roselmack avait pu le continuer jusqu'au bout: sûrement aurait-on eu droit, annoncé à l'avance pour attirer le grand public, à un maximum de sensationnel. Le barbu sauvage empoignant son poignard pour égorger l'animal, le sang giclant, les cris d'agonie du mouton, et Roselmack continuant, imperturbable, de filmer, se délectant à l'avance du reccord d'audience que ces images vont entrainer. Et puis en plus, à quelques mois des régionales, le coup du mouton égorgé à gros bouillons dans la baignoire par le sauvage musulman, ça arrangerait bien quelques amis de TF1. Roselmack affirme d'ailleurs lui-même que son but était de montrer que "certains font passer les lois de la République après leur religion". Il était d'ailleurs prévu de filmer aussi des chrétiens et des juifs (avec sûrement des clichés tout aussi ridicules).
Dénoncer le communautarisme, c'est bien. Mais on ne le fait pas en faisant du gore et du sensationnel. Les vrais problèmes posés par le communautarisme, c'est l'endogamie, l'allégeance à une nation étrangère, le refus de se mélanger. Mais evidemment, dénoncer ces problèmes, ça fait bien moins d'audience que d'offrir au public du sang et de la violence, basé sur des clichés aussi simplistes que le mouton dans la baignoire. Avec ces émissions à sensation, on ne combat pas contre le communautarisme, on renforce les haines entre les français de différentes confessions.


On peut simplement se demander pourquoi ceux qui ont été si prompts à crier à l'islamophobie lors de l'interdiction des minarets suisses (et ceux, alors que de nombreux musulmans eux-même n'approuvent pas ces édifices, considérant à juste titre qu'ils renforcent les séparations entre les citoyens), sont restés si silencieux sur l'affaire Roselmack. Il est vrai qu'il est toujours plus facile et moins risquer de taper sur le peuple, que sur un haut-représentant de TF1, à plus forte raison si la chaine en a fait son étendard de la "diversité".

# Online seit Mittwoch, 02. Dezember, 2009 um 09:30

Geändert am Mittwoch, 02. Dezember, 2009 um 09:47

Algérie 1 - 0 France

Algérie 1 - 0 France


Mercredi, ce n'est pas seulement une victoire de football que l'Algérie a remporté; c'est avant à un spectaculaire succès du nationalisme algérien que nous avons pu assister. Et, en contraste, les manifestations de patriotisme français se révélaient à la hauteur de la performance des bleus: quasi-nulles, discrètes, honteuses.
Mercredi, deux pays se sont qualifiés: l'Algérie et la France. En Algérie, on a fêté la victoire algérienne; rien de plus normal. Et en France, on a fêté... la victoire algérienne également.
C'est ainsi qu'on a vu défiler en plein Paris des milliers de jeunes, officiellement français, pour fêter la victoire de l'Algérie. La plupart d'entre eux ne sont pas retournés fêter la victoire (volée, il est vrai...) de la France quelques heures plus tard. La plupart n'était pas des casseurs. Mais juste des jeunes qui montraient ainsi leur allégeance à un pays qu'ils considèrent comme leur.
Beaucoup, à droite, mais aussi chez les républicains de gauche, se sont élevés contre ces "algériens de France", reprochant à ces jeunes leur comportement. Je crois que c'est une erreur. Si un tel spectacle est certes regrettable, la France en est la seule, l'unique responsable.
Car de ces faits, il n'y a qu'un constat à retenir: l'Algérie a mené depuis 40 ans une politique que la France a abandonné depuis le même laps de temps; toutes deux en reccueillent aujourd'hui les fruits. On ne peut que féliciter et admirer l'Algérie, et se dégouter de la France.


Il est assez frappant de regarder les pays d'origines des jeunes qui, régulièrement, leur font allégeance de cette manière, "rejettant" cette citoyenneté française. A part l'Algérie, on a aussi la Serbie, la Turquie, l'Arménie et certains pays de l'est. On voit régulièrement des personnes officiellement françaises sortir le drapeau de ces pays pour les soutenir. Or, que remarque-t-on à leur sujet? Qu'il s'agit à chaque fois de pays fortement nationalistes, et qui ont généralement cette ambition de peser sur le monde par leur "diaspora".
Et pour cela, eux, n'hésitent pas, à valoriser leur "identité nationale", à embellir leur histoire, etc.

Et face à cela? On a une France qui ne cesse de se présenter en coupable; coupable, en vrac, de la colonisation, des croisades, de l'esclavage, du totalitarisme, de l'affaire Dreyfus, des massacres de la 1ère guerre mondiale, de Pétain, de la shoah, du Rwanda, du génocide des indiens tant qu'on y est. Une France qui dénonce Richelieu comme un fourbe, Robespierre comme un taré sanguinaire, Napoléon comme un tyran, Ferry comme un raciste, Clémenceau comme un boucher et De Gaulle comme un dictateur. Une France qui ne laisse la parole qu'à ceux qui l'insultent, BHL qui la qualifie de fasciste, Philippe Val d'antisémite, Alain Minc de nation retardée, Cohn-Bendit de réactionnaire, Alain Duhamel de chauvine, Alexandre Adler de xénophobe, Nicolas Sarkozy d'arrogante.


Alors, lorsque, par un effet pervers de la double-nationalité, un jeune se trouve tiraillé entre la France, et un pays sûr de lui, de son histoire et de ses valeurs, comme l'Algérie, peut-on vraiment lui reprocher de choisir le deuxième? Malgré cela, certains de mes amis franco-algériens ont autant soutenu la France que l'Algérie, et je trouve déjà cela énorme. Parce que, quand un pays passe son temps à se décrier, se flageller, et dissoudre ses valeurs et son identité dans une vaste bouillie européïste, il ne doit s'attendre qu'au mépris de la part de ses citoyens. Au lieu, donc, de nous en prendre aux citoyens qui se revendiquent, régulièrement, comme algériens, turcs, serbes, russes, reconnaissons tout simplement que ces pays ont mis en place une politique nationaliste que nous n'avons plus le courage de mener depuis 40 ans.

L'Algérie mérite d'être félicitée. La France mérite d'être blâmée.



# Online seit Freitag, 20. November, 2009 um 12:39

Et si la vraie défaite des bleus avait eu lieu hier?

Et si la vraie défaite des bleus avait eu lieu hier?
1-1. Suite à un lamentable et difficile match contre l'Irlande (et non pas "l'Eire", nous sommes en France, parlons français...), l'équipe de France de football a remporté sa qualification pour la Coupe du Monde 2010... à une main près. Miraculeusement remis en jeu par la main de Thierry Henry, le ballon était envoyé quelques secondes plus tard dans les buts irlandais.

Un gentleman aurait admis, soit avoir commis une faute, soit avoir eu une chance extraordinaire, et dans les deux cas, aurait demandé que ce but ne fût pas compté. Au lieu de cela, Thierry Henry a totalement assumé son geste, et s'en est tiré par une pirouette, estimant qu'il n'était "pas l'arbitre". Il aurait pourtant du être le premier a protester pour exiger l'annulation du but.

Un tel geste aurait en effet été une réelle victoire de l'équipe de France. Soyons clair: il est plus que probable que le passage en Afrique du Sud sera de courte durée, et que l'équipe nationale se fera sortir dès les premiers matchs. En revanche, si le but litigieux avait été annulé, les français seraient sortis avec les honneurs: ils seraient restés dans l'histoire de cette Coupe du Monde comme l'équipe "fair-play" et seraient repartis en grands seigneurs. Qui plus est, ils se seraient au passage débarassés de Domenech, ce que tout le monde attend depuis fort longtemps. En clair, l'équipe de France s'en serait tirée de manière particulièrement honorable.

Au lieu de ça, la mesquinerie de cette victoire entraine le mépris du monde entier; nous pouvions être sortis sous les honneurs, nous seront dégagés dans l'humiliation des premiers matchs en Afrique du Sud, sous les railleries de tous ceux qui estiment que nous n'y avions pas notre place. Je préfère pour mon pays une défaite honorable plutôt qu'une victoire volée.

La France a peut-être gagné une qualification, qui ne la mènera pas loin de toute manière; mais elle a perdu sa réputation, son honneur et sa popularité. Domenech et Henry, qui en sont responsables, ont interêt à nous faire gagner la coupe du monde. Si ce n'est pas le cas -et ça ne le sera pas- alors c'est hier que la France a connu sa plus grosse défaite, et râté sa plus belle occasion de briller.

# Online seit Donnerstag, 19. November, 2009 um 12:22

Ce qu'implique la condamnation de Dieudonné

Ce qu'implique la condamnation de Dieudonné

La sentence qui vient de tomber est une catastrophe. Pour avoir fait monter sur la scène du Zénith, en septembre dernier, le négationniste Robert Faurisson, Dieudonné a été condamné à une lourde amende de 10 000 euros pour "injures antisémites". Concrètement, quels seront les résultats désastreux de cette condamnation?


Premièrement, l'une des conséquences que l'on peut le plus craindre sera le renforcement très important du sentiment que "les juifs contrôlent tout". Cette vision est pourtant fausse; cette affaire n'était pas, malgré ce que prétendent le CRIF et les antisémites, le combat "des juifs" contre Dieudonné. La plupart des juifs, en réalité, ignoraient jusqu'à la tenue de ce procès. Les adversaires de Dieudonné n'étaient pas "les juifs" mais les communautaristes, et pas seulement juifs: témoin le Président du CRAN, Patrick Lozès, se définissant sur son blog comme "noir, tout simplement" (sic!), et y réclamant une censure extrèmement sévère de Dieudonné.
Mais surtout, il s'agissait avant tout d'un règlement de compte impitoyable. D'un côté, des associations (SOS Racisme, Licra, LDH...) qui ont depuis toujours encouragé, et joué sur la division entre français "de souche" et français "immigrés" pour canaliser les voix electorales des seconds. De l'autre, un de leurs anciens militants, DIeudonné, qui, ayant mystérieusement échappé à leur contrôle, s'est mis en tète de dénoncer leur duplicité, et, pire encore, a réussi à détourner une partie de la jeunesse d'origine immigrée de ces associations.
Ce crime de lèse-majesté était tout simplement impardonnable. Pour avoir osé sortir de son rôle de "bon noir anti-raciste de gauche", avoir osé developper ses propres opinions, se moquer de la concurrence victimaire et dénoncer ses anciens mentors, Dieudonné doit être éliminé de la scène publique, politique et artistique. Voila la vraie raison de ce procès, et donc, aucun rapport avec les juifs, on le voit.
Seulement voila: le fait que Dieudonné n'ait jamais été inquiété pour ses sketches très violents sur les extremistes musulmans ou chrétiens, vont laisser l'amer sentiment qu'une communauté serait plus "protégée" que les autres. La Ligue des Droits de l'Homme, partie civile au procès, considère que
que "cette décision doit ouvrir les yeux à celles et ceux qui croient encore que Dieudonné est un artiste persécuté". Ces gens sont-ils si idiots? N'ont-ils pas réalisé que cette condamnation, au contraire, renforcera Dieudonné dans son image de martyr de la liberté d'expression?
En fait, les grands gagnants de cette affaire seront l'intolérance, le racisme et les affrontements communautaires; c'était probablement le but, d'ailleurs, de toutes ces associations, puisqu'elles en ont fait leur fond de commerce et serait sûrement bien dépitées de les voir disparaitre.


Mais, outre cette conséquence déjà inquiétante, cette sentence risque de déboucher sur une vraie révolution du droit et de la liberté d'opinion. On le sait, en France, la liberté d'opinion et d'expression n'est déjà plus totale. Trois lois, consacrée à la shoah, le génocide arménien et l'esclavage, interdisent la négation de ces evènements, et donc, réduisent la liberté d'expression sur ces sujets. Ces lois en elle-même, sont déjà assez catastrophiques; elles font le jeu des négationnistes qui n'ont pas besoin de donner d'arguments, encouragent la concurrence victimaire communautaire, et surtout, sont éthiquement innacceptables dans un régime de liberté. Mais admettons qu'elles soient légitimes.
L'ennui, c'est que l'on a franchi ici un nouveau cap; Dieudonné n'a pas été condamné pour propos négationnistes, mais pour avoir invité une personne ayant tenu de tels propos. Les adversaires de Dieudonné ont-ils réfléchi un quart de seconde aux conséquences terrifiantes que leur action va entrainer? Désormais, non seulement on peut être condamné pour ses opinions, mais l'on peut même être condamné pour avoir laissé quelqu'un exprimer les siennes! Ce n'est pas la première fois qu'une telle folie est envisagée. Certains avaient déjà demandé la tète de Taddéi pour avoir laissé Kassovitz exprimer ses doutes sur le 11 septembre; il est vrai que Taddéi, l'un des seuls journalistes à inviter encore les "infréquentables" (Soral, Dieudonné, etc.) serait l'une des premières victimes d'un tel système.
Désormais, la jurisprudence du tribunal a introduit, donc, ce dispositif monstrueux: on peut être condamné uniquement pour inviter quelqu'un qui a tenu des propos illégaux par le passé.



"Les propos tenus par Dieudonné (...) ridiculisant les victimes juives (...) étaient outrageants et méprisants pour les personnes d'origine juive". Voila la raison officielle, selon le tribunal, de la condamnation de Dieudonné. L'ennui, c'est que cet argument ne tient pas deux secondes. Il n'y a pas, dans les 9 minutes du sketch, une seule parole de moquerie envers les victimes juives du nazisme. Quant au technicien déguisé en déporté, c'est bien un prix de l'infréquentabilité, et non un prix de fréquentabilité, qu'il remet à Faurisson. On peut trouver cela obscène, dérangeant, peut-être. Mais est-ce que les sous-entendus d'un Finkielkraut, par exemple, sur le fait que la victime du viol de Polanski, dans le fond en était un peu responsable, est-ce que le "safari banlieue" de Besançon avec "vente de burqa" et "fausses agressions", ne sont pas tout aussi obscènes? Est-ce que les clips d'Orelsan (qui a reçu le soutien de l'UMP et qui fut comparé par Mitterrand à Rimbaud) ou il parle d'avorter sa copine à l'Opinel, les vomissures de Monsieur R sur la France, ou les films de tortures à la "Saw 6" qui remplissent les salles de cinéma , ne sont pas aussi indécents?
Si l'on condamne tout ce qui choque, alors on entre dans un cercle vicieux, ou plus rien ni personne ne peut plus donner son avis -cet avis devant forcément, un jour ou l'autre, choquer une autre personne. Il faut alors, interdire les skteches des Inconnus (certains ont déjà été censurés), supprimer comme demandent certains Tintin au Congo des bibliothèques, interdire la réplique de l'Avare: "quel juif, quel arabe est-ce là?", etc.


La question que pose ce procès est celle de la liberté. Prefère-t-on une société régie par la raison, ou chacun est libre de développer ses arguments, de réfuter ceux des autres, de plaisanter sur tous les sujets et d'en retirer où non du succès? Ou alors une société où, pour répondre aux demandes compassionelles et communautaires, la liberté d'expression ne pourrait se faire que dans un cadre qui, par définition même, se rapetisserait de plus en plus? Personnellement, je choisis la première société. Hélas, par leur décision, les juges qui ont condamné Dieudonné ont choisi la seconde. On attend maintenant que Frédéric Mitterrand, pour qui "c'est le rôle du ministre de la culture de défendre les artistes", s'engage corps et âme pour la défense de Dieudonné, comme il l'a fait pour un criminel bien plus endurci auparavant...

# Online seit Donnerstag, 29. Oktober, 2009 um 13:39

"Une cagnotte pour payer la note", Decryptage d'Eric Zemmour

"Une cagnotte pour payer la note", Decryptage d'Eric Zemmour

Voici un petit article du Figaro que je voudrais vous faire partager, car il résume assez bien ma pensée sur cette idée tout à fait lumineuse, soutenue par le gouvernement, de payer les élèves qui ne sèchent pas les cours...


"Trois lycées de Créteil ont annoncé qu'ils paieraient désormais les élèves pour qu'ils assistent aux cours, qu'ils avaient jusqu'alors l'habitude de « sécher », comme on disait jadis. L'exemple vient de Grande-Bretagne, pays que nous n'imiterons jamais assez. Et a le soutien de Martin Hirsch, haut-commissaire (et conscience de gauche) de la République. Payer pour obtenir le respect d'une obligation légale ; on s'en veut de n'y avoir pas songé plus tôt. Cette idée géniale doit être généralisée.

A l'école d'abord. Payer pour que les élèves, déjà rémunérés pour être là, n'insultent pas les profs ou écrivent en français (on n'a pas encore évalué le budget nécessaire).

Payer pour que les profs ne s'absentent pas (on veut dire : payer plus, beaucoup plus).

Et payer les parents pour qu'ils éduquent leurs enfants.

Il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Appliquer ce principe sublime partout et tout le temps.

Payer les violeurs pour qu'ils ne récidivent pas.

Payer les trafiquants de drogue pour qu'ils n'aient pas, les chers petits, si bons fils et si bien intégrés dans la cité, de manque à gagner.

Payer les immigrés clandestins pour qu'ils quittent notre pays (des incrédules affirment qu'on paye déjà, mais qu'ils reviennent chez nous, une fois l'argent empoché).

Payer les automobilistes pour qu'ils respectent le code de la route (je vois déjà des yeux briller).

Payer Raymond Domenech pour qu'il entraîne l'équipe de France (certains prétendent qu'il est déjà très bien payé pour cela ; mais on a du mal à le croire).

Payer les dirigeants iraniens pour qu'ils respectent le traité de non-prolifération nucléaire signé par leur pays.

Comment Nicolas Sarkozy n'y a-t-il pas pensé ? Le champ des possibles est vertigineux. On reste étourdi d'admiration devant les perspectives ouvertes à Créteil. Et devant les sommes en jeu. La commission Juppé-Rocard ne pourra pas reculer : elle y affectera la totalité du grand emprunt
."


# Online seit Montag, 12. Oktober, 2009 um 06:17

Bien mauvaise rentrée...

Bien mauvaise rentrée...

En raison de mon installation en Ecosse, je n'avais pas mis ce blog à jour depuis un bon bout de temps. Voici venu le temps de le reprendre, mais j'aurais souhaité pour cela une actualité plus joyeuse.
C'est essentiellement à trois évènements déplorables que je vais consacrer cet article, à savoir, l'échec de Farouk Hosni à l'election du secrétariat général de l'Unesco, l'arrestation de Roman Polanski et le vote des irlandais sur le traité de Lisbonne. Apparement sans rapport, ces affaires ont chaque mis en scène les agissements d'une "élite" peu recommandable; droit-de-l'hommiste dans le cas de l'Unesco, culturelle pour l'affaire Polanski, politique et journalistique dans l'affaire du vote écossais.




Commençons d'ores et déjà par l'affaire Farouk Hosni; ce ministre de la culture egyptien était pressenti pour être élu nouveau secrétaire général de l'Unesco; en ce sens, il était soutenu par la France, et notamment le gaulliste Henri Guaino. Mais voici que certains "intellectuels", Bernard-Henri Levy ou Elie Wiesel par exemple, ont fait brutalement campagne contre le candidat Hosni, l'accusant de propos prétendument antisémites, et faisant échouer sa candidature au profit d'une ancienne privilégiée de la dictature communiste bulgare, Irina Bokova.
Ces individus se sont par la suite félicités de leur succès, néanmoins une question interessante se pose: qui, dans le fond, va profiter de l'échec de Farouk Hosni? Tout simplement les islamistes et les vrais antisémites.
Le ministre de la culture egyptien en effet, est un progressiste, défenseur d'un "islam des Lumières", et detesté pour cela par les Frères Musulmans. Ce groupe islamiste avait notament réclamé sa tête lorsque, s'exprimant sur le port du voile, Farouk Hosni avait très joliment expliqué qu'on "ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose. La religion, aujourd'hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n'a rien à voir avec l'habit. La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure. [...] Nous avons connu une époque où nos mères fréquentaient les universités et les lieux de travail sans être voilées. C'est dans cet esprit que nous avons grandi. Pourquoi donc ce retour en arrière aujourd'hui ?"
Nul doute, donc, que l'échec d'Hosni va renforcer tous les adversaires du progressisme en Egypte; et relancer par ailleurs l'idée d'un complot du nord contre le sud, voire, des juifs contre les arabes. Si l'on ajoute à cela que sa victoire aurait permis une avancée pour l'Union Pour la Méditerranée, on ne peut qu'amèrement déplorer cet échec.




C'est sur des raisons pseudo-morales que BHL a soutenu la candidature d'Irina Bokova; l'un comme l'autre semble avoir pourtant brusquement oublié leur esprit vertueux lorsqu'il s'est agi de défendre Roman Polanski, arreté pour ce que la presse a pudiquement appellée "un affaire de moeurs" (comprendre: viol accompagné de sodomie sur une fille de 13 ans qu'il avait préalablement ennivrée et droguée). Le sieur Polanski avait à l'époque passé un accord avec un juge un peu zélé, qui lui aurait évité de faire de la prison; apprenant qu'il risquait finalement de se retrouver derrière les barreaux, il avait courageusement fait ses valises et pris la fuite vers la France, paradis d'accueil des Brigades Rouges et autres militants des FARC...
Recemment arreté en Suisse, il risque l'extradition vers les USA; ce qui indigne fortemment le milieu artistique, ainsi que Bernard Kouchner, qui s'est fendu d'une larmoyante adresse à Hillary Clinton (cette dernière lui ayant répondu sèchement de se meler de ses affaires..) Le plus fervent défenseur de Polanski a été Frédéric Mitterand, dénonçant "cette Amérique qui fait peur" -il est vrai que cet amateur de jeunes éphèbes indonésiens n'auraient peut-être pas été si tranquille aux USA, pays ou le tourisme sexuel est encore combattu...
Mais l'interessant dans cette affaire, c'est qu'on a pu voir l'immense décalage existant entre une élite culturelle s'estimant intouchable, et un peuple français soutenant massivement la condamnation de tout violeur -fût-il issu d'un caste privilégiée. Le plus navrant étant que les deux Frédéric (Lefebvre et Mitterand), semblent finalement considerer comme plus grave de télécharger illégalement un album de musique, que de violer une fillette de 13 ans...




La dernière malheureuse affaire de ce mois de septembre, c'est le vote irlandais. Suite à une campagne de menaces et d'intimidation, pouvant se résumer par le slogan: "si vous votez oui, vous sortez de la crise, si vous votez non, vous sortez de l'UE", les irlandais ont fini par ratifier le traité de Lisbonne. La réaction des journalistes et des politiciens européïstes a été consternante; certains prédisant une Europe plus démocratique (un comble quand on sait les conditions dans lesquells ce traité a été adopté...), d'autres estimant que "le peuple irlandais avait parlé". Vox populi, vox dei. D'accord, je l'admet, les irlandais ont accepté ce traité. Il ne reste donc plus que 26 autres peuples à consulter...
Il est d'ores et déjà question de l'application concrète de ce traité; par exemple, on cherche un président européen. Le nom de Tony Blair circule; un criminel de guerre comme chef d'une institution non-démocratique, ça aurait de la gueule! Pourtant, c'est aussi d'Angleterre que vient l'espoir: la victoire probable des conservateurs l'an prochain pourrait y entrainer l'organisation d'un referendum (et je présume que les anglais voteraient massivement "no"). Pour cela, il faut donc que les présidents tchèque et polonais retiennent leur signature jusque-là; honnètement, je ne suis pas optimiste, n'ayant jamais fait trop confiance aux pays de l'Est. Le président polonais s'est déjà plié, sans parler de la trahison de Lech Walesa qui, acheté, est allé faire campagne pour le traité en Irlande, alors qu'il l'avait d'abord combattu; décidemment, après Villiers chez Sarkozy, c'est la débandade parmi les anciens membres de Libertas!




Ceci dit, ne généralisons pas sur les pays de l'Est. On déplorait ces derniers jour la mort de Marek Edelman, (ci-dessus) un evènement doublement attristant. D'abord parce que c'est un héros, qui a participé au soulèvement du ghetto juif de Varsovie contre les nazis, menant la lutte aux côtés d'Anielewicz. Et aussi, parce que c'est ce dernier (dont le suicide avait été critiqué par Edelman) que l'Histoire semble avoir retenu; en effet, le refus du projet sioniste, jugé trop belliqueux, par Marek Edelman, en aura toujours fait un héros ignoré et tu par Israel, et ce même à sa mort. Ce que je trouve très triste...

# Online seit Mittwoch, 30. September, 2009 um 19:50

Geändert am Dienstag, 06. Oktober, 2009 um 19:44