Car enfin, des otages il y en a des milliers de par le monde; pourquoi la France se focalise-t-elle sur une seule? Le principal argument est que Mme Betancourt serait française; or, justement, je pense que ceci ne tient absolument pas debout. Ingrid Betancourt n'est pas née en France, elle n'y vit pas, même à temps partiel, et surtout, elle est engagée depuis longtemps dans la vie politique colombienne. Madame Betancourt n'est pas donc pas française, mais colombienne.
Son seul lien avec la France était son mari, qu'elle a bien vite quitté; mais dans ce cas prenons un exemple saugrenu: Bruno Gollnish, politicien français, est marié à une japonaise. S'il se faisait enlever par une organisation terroriste, corse ou basque par exemple, verait-on le Japon déployer tous ses efforts à le faire liberer? J'en doute très sérieusement, et ce serait d'ailleurs normal.
L'affaire d'Ingrid Betancourt est donc purement colombienne, et ne regarde en aucune façon la France. Cela vaut d'ailleurs également pour le soldat "franco"-israelien Gilat Shalit, membre de Tsahal, et qui par son appartenance à une armée étrangère ne peut être considéré comme français.
Je ne dis pas qu'ils ne faille pas oeuvrer pour la libération de ces otages, mais juste qu'ils n'ont rien à voir avec la France. L'enlèvement d'une parlementaire colombienne (ou d'un soldat israelien) sont des problèmes relevant de ces pays, et qui ne nous concernent pas plus que les autres prises d'otages de par le monde.
Bien sur, la libération d'un otage est toujours une bonne nouvelle; simplement je trouve la façon dont la France a oeuvré pour faire liberer Betancourt, et les réjouissances qui ont lieu actuellement, totalement ridicules et disproportionnées, quand on sait que des milliers d'autres personnes (dont des français, et pas seulement "de papier", eux) sont retenus dans le monde...
"Nous félicitons tous le Président Sarkozy qui, en dépit des "caisses vides" et de "la France en faillite", a pu permettre à Mélanie, son petit frère Lorenzo, leur petit cousin, leur tata et tous leurs amis, de ne pas avoir dû attendre huit heures interminables pour le départ quotidien de l'avion de ligne Paris – Bogota et d'avoir pu vite sauter dans un avion spécial de la France, pour aller retrouver leur maman dans la petite maison, enfin heureuse, de leur courageuse famille, membre du top des grandes fortunes et des oligarques latino-américains.
Nous, tous les Languedociens et Catalans, nous nous réjouissons que notre pays ait pu consacrer à la réalisation de cet événement émouvant une enveloppe budgétaire supérieure à celle qui vient d'être affectée aux milliers de nos vignerons en grande difficulté, pris en otage par le libre-échange planétaire."

