Algérie 1 - 0 France

Algérie 1 - 0 France


Mercredi, ce n'est pas seulement une victoire de football que l'Algérie a remporté; c'est avant à un spectaculaire succès du nationalisme algérien que nous avons pu assister. Et, en contraste, les manifestations de patriotisme français se révélaient à la hauteur de la performance des bleus: quasi-nulles, discrètes, honteuses.
Mercredi, deux pays se sont qualifiés: l'Algérie et la France. En Algérie, on a fêté la victoire algérienne; rien de plus normal. Et en France, on a fêté... la victoire algérienne également.
C'est ainsi qu'on a vu défiler en plein Paris des milliers de jeunes, officiellement français, pour fêter la victoire de l'Algérie. La plupart d'entre eux ne sont pas retournés fêter la victoire (volée, il est vrai...) de la France quelques heures plus tard. La plupart n'était pas des casseurs. Mais juste des jeunes qui montraient ainsi leur allégeance à un pays qu'ils considèrent comme leur.
Beaucoup, à droite, mais aussi chez les républicains de gauche, se sont élevés contre ces "algériens de France", reprochant à ces jeunes leur comportement. Je crois que c'est une erreur. Si un tel spectacle est certes regrettable, la France en est la seule, l'unique responsable.
Car de ces faits, il n'y a qu'un constat à retenir: l'Algérie a mené depuis 40 ans une politique que la France a abandonné depuis le même laps de temps; toutes deux en reccueillent aujourd'hui les fruits. On ne peut que féliciter et admirer l'Algérie, et se dégouter de la France.


Il est assez frappant de regarder les pays d'origines des jeunes qui, régulièrement, leur font allégeance de cette manière, "rejettant" cette citoyenneté française. A part l'Algérie, on a aussi la Serbie, la Turquie, l'Arménie et certains pays de l'est. On voit régulièrement des personnes officiellement françaises sortir le drapeau de ces pays pour les soutenir. Or, que remarque-t-on à leur sujet? Qu'il s'agit à chaque fois de pays fortement nationalistes, et qui ont généralement cette ambition de peser sur le monde par leur "diaspora".
Et pour cela, eux, n'hésitent pas, à valoriser leur "identité nationale", à embellir leur histoire, etc.

Et face à cela? On a une France qui ne cesse de se présenter en coupable; coupable, en vrac, de la colonisation, des croisades, de l'esclavage, du totalitarisme, de l'affaire Dreyfus, des massacres de la 1ère guerre mondiale, de Pétain, de la shoah, du Rwanda, du génocide des indiens tant qu'on y est. Une France qui dénonce Richelieu comme un fourbe, Robespierre comme un taré sanguinaire, Napoléon comme un tyran, Ferry comme un raciste, Clémenceau comme un boucher et De Gaulle comme un dictateur. Une France qui ne laisse la parole qu'à ceux qui l'insultent, BHL qui la qualifie de fasciste, Philippe Val d'antisémite, Alain Minc de nation retardée, Cohn-Bendit de réactionnaire, Alain Duhamel de chauvine, Alexandre Adler de xénophobe, Nicolas Sarkozy d'arrogante.


Alors, lorsque, par un effet pervers de la double-nationalité, un jeune se trouve tiraillé entre la France, et un pays sûr de lui, de son histoire et de ses valeurs, comme l'Algérie, peut-on vraiment lui reprocher de choisir le deuxième? Malgré cela, certains de mes amis franco-algériens ont autant soutenu la France que l'Algérie, et je trouve déjà cela énorme. Parce que, quand un pays passe son temps à se décrier, se flageller, et dissoudre ses valeurs et son identité dans une vaste bouillie européïste, il ne doit s'attendre qu'au mépris de la part de ses citoyens. Au lieu, donc, de nous en prendre aux citoyens qui se revendiquent, régulièrement, comme algériens, turcs, serbes, russes, reconnaissons tout simplement que ces pays ont mis en place une politique nationaliste que nous n'avons plus le courage de mener depuis 40 ans.

L'Algérie mérite d'être félicitée. La France mérite d'être blâmée.



# Posté le vendredi 20 novembre 2009 12:39

Et si la vraie défaite des bleus avait eu lieu hier?

Et si la vraie défaite des bleus avait eu lieu hier?
1-1. Suite à un lamentable et difficile match contre l'Irlande (et non pas "l'Eire", nous sommes en France, parlons français...), l'équipe de France de football a remporté sa qualification pour la Coupe du Monde 2010... à une main près. Miraculeusement remis en jeu par la main de Thierry Henry, le ballon était envoyé quelques secondes plus tard dans les buts irlandais.

Un gentleman aurait admis, soit avoir commis une faute, soit avoir eu une chance extraordinaire, et dans les deux cas, aurait demandé que ce but ne fût pas compté. Au lieu de cela, Thierry Henry a totalement assumé son geste, et s'en est tiré par une pirouette, estimant qu'il n'était "pas l'arbitre". Il aurait pourtant du être le premier a protester pour exiger l'annulation du but.

Un tel geste aurait en effet été une réelle victoire de l'équipe de France. Soyons clair: il est plus que probable que le passage en Afrique du Sud sera de courte durée, et que l'équipe nationale se fera sortir dès les premiers matchs. En revanche, si le but litigieux avait été annulé, les français seraient sortis avec les honneurs: ils seraient restés dans l'histoire de cette Coupe du Monde comme l'équipe "fair-play" et seraient repartis en grands seigneurs. Qui plus est, ils se seraient au passage débarassés de Domenech, ce que tout le monde attend depuis fort longtemps. En clair, l'équipe de France s'en serait tirée de manière particulièrement honorable.

Au lieu de ça, la mesquinerie de cette victoire entraine le mépris du monde entier; nous pouvions être sortis sous les honneurs, nous seront dégagés dans l'humiliation des premiers matchs en Afrique du Sud, sous les railleries de tous ceux qui estiment que nous n'y avions pas notre place. Je préfère pour mon pays une défaite honorable plutôt qu'une victoire volée.

La France a peut-être gagné une qualification, qui ne la mènera pas loin de toute manière; mais elle a perdu sa réputation, son honneur et sa popularité. Domenech et Henry, qui en sont responsables, ont interêt à nous faire gagner la coupe du monde. Si ce n'est pas le cas -et ça ne le sera pas- alors c'est hier que la France a connu sa plus grosse défaite, et râté sa plus belle occasion de briller.

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 12:22

Ce qu'implique la condamnation de Dieudonné

Ce qu'implique la condamnation de Dieudonné

La sentence qui vient de tomber est une catastrophe. Pour avoir fait monter sur la scène du Zénith, en septembre dernier, le négationniste Robert Faurisson, Dieudonné a été condamné à une lourde amende de 10 000 euros pour "injures antisémites". Concrètement, quels seront les résultats désastreux de cette condamnation?


Premièrement, l'une des conséquences que l'on peut le plus craindre sera le renforcement très important du sentiment que "les juifs contrôlent tout". Cette vision est pourtant fausse; cette affaire n'était pas, malgré ce que prétendent le CRIF et les antisémites, le combat "des juifs" contre Dieudonné. La plupart des juifs, en réalité, ignoraient jusqu'à la tenue de ce procès. Les adversaires de Dieudonné n'étaient pas "les juifs" mais les communautaristes, et pas seulement juifs: témoin le Président du CRAN, Patrick Lozès, se définissant sur son blog comme "noir, tout simplement" (sic!), et y réclamant une censure extrèmement sévère de Dieudonné.
Mais surtout, il s'agissait avant tout d'un règlement de compte impitoyable. D'un côté, des associations (SOS Racisme, Licra, LDH...) qui ont depuis toujours encouragé, et joué sur la division entre français "de souche" et français "immigrés" pour canaliser les voix electorales des seconds. De l'autre, un de leurs anciens militants, DIeudonné, qui, ayant mystérieusement échappé à leur contrôle, s'est mis en tète de dénoncer leur duplicité, et, pire encore, a réussi à détourner une partie de la jeunesse d'origine immigrée de ces associations.
Ce crime de lèse-majesté était tout simplement impardonnable. Pour avoir osé sortir de son rôle de "bon noir anti-raciste de gauche", avoir osé developper ses propres opinions, se moquer de la concurrence victimaire et dénoncer ses anciens mentors, Dieudonné doit être éliminé de la scène publique, politique et artistique. Voila la vraie raison de ce procès, et donc, aucun rapport avec les juifs, on le voit.
Seulement voila: le fait que Dieudonné n'ait jamais été inquiété pour ses sketches très violents sur les extremistes musulmans ou chrétiens, vont laisser l'amer sentiment qu'une communauté serait plus "protégée" que les autres. La Ligue des Droits de l'Homme, partie civile au procès, considère que
que "cette décision doit ouvrir les yeux à celles et ceux qui croient encore que Dieudonné est un artiste persécuté". Ces gens sont-ils si idiots? N'ont-ils pas réalisé que cette condamnation, au contraire, renforcera Dieudonné dans son image de martyr de la liberté d'expression?
En fait, les grands gagnants de cette affaire seront l'intolérance, le racisme et les affrontements communautaires; c'était probablement le but, d'ailleurs, de toutes ces associations, puisqu'elles en ont fait leur fond de commerce et serait sûrement bien dépitées de les voir disparaitre.


Mais, outre cette conséquence déjà inquiétante, cette sentence risque de déboucher sur une vraie révolution du droit et de la liberté d'opinion. On le sait, en France, la liberté d'opinion et d'expression n'est déjà plus totale. Trois lois, consacrée à la shoah, le génocide arménien et l'esclavage, interdisent la négation de ces evènements, et donc, réduisent la liberté d'expression sur ces sujets. Ces lois en elle-même, sont déjà assez catastrophiques; elles font le jeu des négationnistes qui n'ont pas besoin de donner d'arguments, encouragent la concurrence victimaire communautaire, et surtout, sont éthiquement innacceptables dans un régime de liberté. Mais admettons qu'elles soient légitimes.
L'ennui, c'est que l'on a franchi ici un nouveau cap; Dieudonné n'a pas été condamné pour propos négationnistes, mais pour avoir invité une personne ayant tenu de tels propos. Les adversaires de Dieudonné ont-ils réfléchi un quart de seconde aux conséquences terrifiantes que leur action va entrainer? Désormais, non seulement on peut être condamné pour ses opinions, mais l'on peut même être condamné pour avoir laissé quelqu'un exprimer les siennes! Ce n'est pas la première fois qu'une telle folie est envisagée. Certains avaient déjà demandé la tète de Taddéi pour avoir laissé Kassovitz exprimer ses doutes sur le 11 septembre; il est vrai que Taddéi, l'un des seuls journalistes à inviter encore les "infréquentables" (Soral, Dieudonné, etc.) serait l'une des premières victimes d'un tel système.
Désormais, la jurisprudence du tribunal a introduit, donc, ce dispositif monstrueux: on peut être condamné uniquement pour inviter quelqu'un qui a tenu des propos illégaux par le passé.



"Les propos tenus par Dieudonné (...) ridiculisant les victimes juives (...) étaient outrageants et méprisants pour les personnes d'origine juive". Voila la raison officielle, selon le tribunal, de la condamnation de Dieudonné. L'ennui, c'est que cet argument ne tient pas deux secondes. Il n'y a pas, dans les 9 minutes du sketch, une seule parole de moquerie envers les victimes juives du nazisme. Quant au technicien déguisé en déporté, c'est bien un prix de l'infréquentabilité, et non un prix de fréquentabilité, qu'il remet à Faurisson. On peut trouver cela obscène, dérangeant, peut-être. Mais est-ce que les sous-entendus d'un Finkielkraut, par exemple, sur le fait que la victime du viol de Polanski, dans le fond en était un peu responsable, est-ce que le "safari banlieue" de Besançon avec "vente de burqa" et "fausses agressions", ne sont pas tout aussi obscènes? Est-ce que les clips d'Orelsan (qui a reçu le soutien de l'UMP et qui fut comparé par Mitterrand à Rimbaud) ou il parle d'avorter sa copine à l'Opinel, les vomissures de Monsieur R sur la France, ou les films de tortures à la "Saw 6" qui remplissent les salles de cinéma , ne sont pas aussi indécents?
Si l'on condamne tout ce qui choque, alors on entre dans un cercle vicieux, ou plus rien ni personne ne peut plus donner son avis -cet avis devant forcément, un jour ou l'autre, choquer une autre personne. Il faut alors, interdire les skteches des Inconnus (certains ont déjà été censurés), supprimer comme demandent certains Tintin au Congo des bibliothèques, interdire la réplique de l'Avare: "quel juif, quel arabe est-ce là?", etc.


La question que pose ce procès est celle de la liberté. Prefère-t-on une société régie par la raison, ou chacun est libre de développer ses arguments, de réfuter ceux des autres, de plaisanter sur tous les sujets et d'en retirer où non du succès? Ou alors une société où, pour répondre aux demandes compassionelles et communautaires, la liberté d'expression ne pourrait se faire que dans un cadre qui, par définition même, se rapetisserait de plus en plus? Personnellement, je choisis la première société. Hélas, par leur décision, les juges qui ont condamné Dieudonné ont choisi la seconde. On attend maintenant que Frédéric Mitterrand, pour qui "c'est le rôle du ministre de la culture de défendre les artistes", s'engage corps et âme pour la défense de Dieudonné, comme il l'a fait pour un criminel bien plus endurci auparavant...

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 13:39

"Une cagnotte pour payer la note", Decryptage d'Eric Zemmour

"Une cagnotte pour payer la note", Decryptage d'Eric Zemmour

Voici un petit article du Figaro que je voudrais vous faire partager, car il résume assez bien ma pensée sur cette idée tout à fait lumineuse, soutenue par le gouvernement, de payer les élèves qui ne sèchent pas les cours...


"Trois lycées de Créteil ont annoncé qu'ils paieraient désormais les élèves pour qu'ils assistent aux cours, qu'ils avaient jusqu'alors l'habitude de « sécher », comme on disait jadis. L'exemple vient de Grande-Bretagne, pays que nous n'imiterons jamais assez. Et a le soutien de Martin Hirsch, haut-commissaire (et conscience de gauche) de la République. Payer pour obtenir le respect d'une obligation légale ; on s'en veut de n'y avoir pas songé plus tôt. Cette idée géniale doit être généralisée.

A l'école d'abord. Payer pour que les élèves, déjà rémunérés pour être là, n'insultent pas les profs ou écrivent en français (on n'a pas encore évalué le budget nécessaire).

Payer pour que les profs ne s'absentent pas (on veut dire : payer plus, beaucoup plus).

Et payer les parents pour qu'ils éduquent leurs enfants.

Il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Appliquer ce principe sublime partout et tout le temps.

Payer les violeurs pour qu'ils ne récidivent pas.

Payer les trafiquants de drogue pour qu'ils n'aient pas, les chers petits, si bons fils et si bien intégrés dans la cité, de manque à gagner.

Payer les immigrés clandestins pour qu'ils quittent notre pays (des incrédules affirment qu'on paye déjà, mais qu'ils reviennent chez nous, une fois l'argent empoché).

Payer les automobilistes pour qu'ils respectent le code de la route (je vois déjà des yeux briller).

Payer Raymond Domenech pour qu'il entraîne l'équipe de France (certains prétendent qu'il est déjà très bien payé pour cela ; mais on a du mal à le croire).

Payer les dirigeants iraniens pour qu'ils respectent le traité de non-prolifération nucléaire signé par leur pays.

Comment Nicolas Sarkozy n'y a-t-il pas pensé ? Le champ des possibles est vertigineux. On reste étourdi d'admiration devant les perspectives ouvertes à Créteil. Et devant les sommes en jeu. La commission Juppé-Rocard ne pourra pas reculer : elle y affectera la totalité du grand emprunt
."


# Posté le lundi 12 octobre 2009 06:17

Bien mauvaise rentrée...

Bien mauvaise rentrée...

En raison de mon installation en Ecosse, je n'avais pas mis ce blog à jour depuis un bon bout de temps. Voici venu le temps de le reprendre, mais j'aurais souhaité pour cela une actualité plus joyeuse.
C'est essentiellement à trois évènements déplorables que je vais consacrer cet article, à savoir, l'échec de Farouk Hosni à l'election du secrétariat général de l'Unesco, l'arrestation de Roman Polanski et le vote des irlandais sur le traité de Lisbonne. Apparement sans rapport, ces affaires ont chaque mis en scène les agissements d'une "élite" peu recommandable; droit-de-l'hommiste dans le cas de l'Unesco, culturelle pour l'affaire Polanski, politique et journalistique dans l'affaire du vote écossais.




Commençons d'ores et déjà par l'affaire Farouk Hosni; ce ministre de la culture egyptien était pressenti pour être élu nouveau secrétaire général de l'Unesco; en ce sens, il était soutenu par la France, et notamment le gaulliste Henri Guaino. Mais voici que certains "intellectuels", Bernard-Henri Levy ou Elie Wiesel par exemple, ont fait brutalement campagne contre le candidat Hosni, l'accusant de propos prétendument antisémites, et faisant échouer sa candidature au profit d'une ancienne privilégiée de la dictature communiste bulgare, Irina Bokova.
Ces individus se sont par la suite félicités de leur succès, néanmoins une question interessante se pose: qui, dans le fond, va profiter de l'échec de Farouk Hosni? Tout simplement les islamistes et les vrais antisémites.
Le ministre de la culture egyptien en effet, est un progressiste, défenseur d'un "islam des Lumières", et detesté pour cela par les Frères Musulmans. Ce groupe islamiste avait notament réclamé sa tête lorsque, s'exprimant sur le port du voile, Farouk Hosni avait très joliment expliqué qu'on "ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose. La religion, aujourd'hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n'a rien à voir avec l'habit. La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure. [...] Nous avons connu une époque où nos mères fréquentaient les universités et les lieux de travail sans être voilées. C'est dans cet esprit que nous avons grandi. Pourquoi donc ce retour en arrière aujourd'hui ?"
Nul doute, donc, que l'échec d'Hosni va renforcer tous les adversaires du progressisme en Egypte; et relancer par ailleurs l'idée d'un complot du nord contre le sud, voire, des juifs contre les arabes. Si l'on ajoute à cela que sa victoire aurait permis une avancée pour l'Union Pour la Méditerranée, on ne peut qu'amèrement déplorer cet échec.




C'est sur des raisons pseudo-morales que BHL a soutenu la candidature d'Irina Bokova; l'un comme l'autre semble avoir pourtant brusquement oublié leur esprit vertueux lorsqu'il s'est agi de défendre Roman Polanski, arreté pour ce que la presse a pudiquement appellée "un affaire de moeurs" (comprendre: viol accompagné de sodomie sur une fille de 13 ans qu'il avait préalablement ennivrée et droguée). Le sieur Polanski avait à l'époque passé un accord avec un juge un peu zélé, qui lui aurait évité de faire de la prison; apprenant qu'il risquait finalement de se retrouver derrière les barreaux, il avait courageusement fait ses valises et pris la fuite vers la France, paradis d'accueil des Brigades Rouges et autres militants des FARC...
Recemment arreté en Suisse, il risque l'extradition vers les USA; ce qui indigne fortemment le milieu artistique, ainsi que Bernard Kouchner, qui s'est fendu d'une larmoyante adresse à Hillary Clinton (cette dernière lui ayant répondu sèchement de se meler de ses affaires..) Le plus fervent défenseur de Polanski a été Frédéric Mitterand, dénonçant "cette Amérique qui fait peur" -il est vrai que cet amateur de jeunes éphèbes indonésiens n'auraient peut-être pas été si tranquille aux USA, pays ou le tourisme sexuel est encore combattu...
Mais l'interessant dans cette affaire, c'est qu'on a pu voir l'immense décalage existant entre une élite culturelle s'estimant intouchable, et un peuple français soutenant massivement la condamnation de tout violeur -fût-il issu d'un caste privilégiée. Le plus navrant étant que les deux Frédéric (Lefebvre et Mitterand), semblent finalement considerer comme plus grave de télécharger illégalement un album de musique, que de violer une fillette de 13 ans...




La dernière malheureuse affaire de ce mois de septembre, c'est le vote irlandais. Suite à une campagne de menaces et d'intimidation, pouvant se résumer par le slogan: "si vous votez oui, vous sortez de la crise, si vous votez non, vous sortez de l'UE", les irlandais ont fini par ratifier le traité de Lisbonne. La réaction des journalistes et des politiciens européïstes a été consternante; certains prédisant une Europe plus démocratique (un comble quand on sait les conditions dans lesquells ce traité a été adopté...), d'autres estimant que "le peuple irlandais avait parlé". Vox populi, vox dei. D'accord, je l'admet, les irlandais ont accepté ce traité. Il ne reste donc plus que 26 autres peuples à consulter...
Il est d'ores et déjà question de l'application concrète de ce traité; par exemple, on cherche un président européen. Le nom de Tony Blair circule; un criminel de guerre comme chef d'une institution non-démocratique, ça aurait de la gueule! Pourtant, c'est aussi d'Angleterre que vient l'espoir: la victoire probable des conservateurs l'an prochain pourrait y entrainer l'organisation d'un referendum (et je présume que les anglais voteraient massivement "no"). Pour cela, il faut donc que les présidents tchèque et polonais retiennent leur signature jusque-là; honnètement, je ne suis pas optimiste, n'ayant jamais fait trop confiance aux pays de l'Est. Le président polonais s'est déjà plié, sans parler de la trahison de Lech Walesa qui, acheté, est allé faire campagne pour le traité en Irlande, alors qu'il l'avait d'abord combattu; décidemment, après Villiers chez Sarkozy, c'est la débandade parmi les anciens membres de Libertas!




Ceci dit, ne généralisons pas sur les pays de l'Est. On déplorait ces derniers jour la mort de Marek Edelman, (ci-dessus) un evènement doublement attristant. D'abord parce que c'est un héros, qui a participé au soulèvement du ghetto juif de Varsovie contre les nazis, menant la lutte aux côtés d'Anielewicz. Et aussi, parce que c'est ce dernier (dont le suicide avait été critiqué par Edelman) que l'Histoire semble avoir retenu; en effet, le refus du projet sioniste, jugé trop belliqueux, par Marek Edelman, en aura toujours fait un héros ignoré et tu par Israel, et ce même à sa mort. Ce que je trouve très triste...

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 19:50

Modifié le mardi 06 octobre 2009 19:44

Dénoncer le communautarisme, c'est bien. S'appliquer à l'éradiquer, c'est mieux!



Les violences communautaires ont encore fait une victime en France: dimanche, un jeune homme de 22 ans a été poignardé à mort pour avoir voulu s'interposer entre des voyous turcs et maghrébins, tandis que deux autres étaient sérieusement blessés. Réagissant à ce triste accident, Brice Hortefeux a estimé qu'il "n'y a pas de place sur le territoire français pour le communautarisme". On ne peut qu'approuver notre Ministre de l'Intérieur. Le phénomène communautaire est une plaie, à l'origine de la plupart des guerres civiles dans le monde. Il met en danger l'unité nationale. Il favorise, de plus, le racisme: après le malheureux défunt, les principales victimes de cet évènement seront l'ensemble des français d'origine maghrébine ou turque, dont l'image sera encore dégradée par les agissements d'une poignée d'entre eux.
Mais la dénonciation du communautarisme ne suffit pas; pour éviter que ce style d'évènement ne se reproduise, il faudrait songer à lutter efficacement contre ce phénomène. Et, pour le moment, force est de constater que ni la mairie du Pontet, où a eu lieu le drame, ni les gouvernements (de droite comme de gauche) qui se sont succédé, n'ont su agir comme il le fallait.



Le maire de la ville, tout d'abord, a réagi avec une touchante naïveté -que ses adversaires pourraient même qualifier d'hypocrisie. Sa première réaction en effet, a été de nier l'aspect communautariste de ces affrontements. Pretextant que le vol d'un autoradio avait été à l'origine de la bagarre, il a ainsi affirmé que "la dispute n'est pas d'origine communautaire". Mais qui peut croire qu'un incident aussi futile que ce genre de vol peut déboucher sur de telles violences??
Surtout, la solution préconisée par le maire ne semble que pouvoir aggraver les choses: son intention est de parler aux "responsables des communautés turques et maghrébines" pour leur dire de "calmer leurs gens"! Mais quel est ce délire complet?? Depuis quand la République doit-elle passer par des interprètes communautaires pour demander le respect de ses lois?
Considérer que c'est aux associations turques ou maghrébines de remplir ce rôle, c'est considérer que les individus concernés ne sont, dans le fond, pas des citoyens à part entière, et forment une communauté séparée. C'est donc, à terme, renforcer encore le communautarisme, qui est pourtant pleinement responsable du drame de Pontet.
(Cerise sur le gâteau, seuls quatre (sur une centaine) de ces voyous ont été arretés, et ressortiront probablement très vite de prison. Manque d'efficacité de la police, ou laxisme coupable?)



Mais, pour lutter contre ces incidents, c'est à l'échelle nationale qu'il faut combattre le communautarisme. On se souvient des affrontements entres groupuscules communautaires juifs et arabes du 19ème arrondissement de Paris, qui ont eu lieu au printemps dernier. Ce fléau ne fera que s'aggraver si l'on ne pense pas enfin à prendre les mesures qui s'imposent.

Il faut supprimer les institutions communautaires, qui brisent la cohésion nationale: le CRIF, le CRAN, le CFCM, l'UOIF, ainsi que les divers lobbies, homosexuels, féministes, saoudien, arménien, etc. Ces organisations, trop souvent, pèsent sur notre politique étrangère (le CRIF dénonçant notre politique arabe, le lobby arménien gâchant nos rapports avec la Turquie) et intérieure (le CFCM défendant le voile voire la burqa, le CRAN exigeant des statistiques ethniques, le CRIF critiquant les conclusions d'un procès...), mais surtout, divisent les français à donnant à chacun l'impression d'appartenir à un "clan", un groupe spécifique dont les revendications seraient différentes de celles des autres communautés.
Il faut mettre fin à l'influence de Yazid Sabeg et de toute sa clique, dont le but final est d'obtenir une société à l'américaine, avec ses statistiques ethniques, sa discrimination positive, en clair, l'opposé du modèle républicain et jacobin français.
Il faut remettre en place une politique d'assimilation républicaine: cesser de considérer les français d'origine étrangère comme des citoyens à part, de leur reserver un traitement spécial, de les renvoyer à leurs origines (que ce soit par des cours de langues personnalisés, ou un apprentissage particulier de l'Histoire...), et, en même temps, lutter contre les discriminations qui les touchent. Sans qu'ils oublient leurs origines, il faut les aider à devenir des français à part entière, imprégnés de la langue et de l'histoire française, respectueux des traditions et des valeurs de la France -ce qui implique aussi de lutter contre le racisme qui chercherait à les exclure de la communauté nationale.


Seulement voila, pour accomplir tout cela, il faut une volonté politique. Et, sachant sa docilité à l'égard du CRIF, sa responsabilité dans la création du CFCM, ses positions ambiguës sur le port du voile, l'influence du lobby arménien sur l'UMP, et son admiration pour le modèle américain et les thèses de Yazid Sabeg, on peut se poser une question: Sarkozy possède-t-il cette volonté politique?


(Ci-dessus: petite confrontation sur ce sujet entre deux personnalités de confessions juives: Eric Zemmour, pur produit de l'assimilation républicaine française, et Gérard Miller, défenseur à l'inverses des expressions communautaires, confrontation que je trouve assez édifiante pour montrer les deux thèses qui s'opposent...)

# Posté le lundi 07 septembre 2009 17:46

Petit plaidoyer de défense de l'Iran

Petit plaidoyer de défense de l'Iran


Athée et laïciste convaincu, je n'ai jamais eu de sympathie pour les régimes théocratiques. L'Histoire montre que l'influence d'une religion sur un Etat entraine généralement des conséquences très néfastes, et il me semble que les valeurs religieuses devraient relever de la libre conscience de chacun, et non être imposées (ou au contraire combattues) par les autorités publiques, qui ne sont pas concernées. Cela vaut pour les régimes islamistes. Ca vaut aussi pour la théocratie tibétaine, que nos fervents défenseurs des droits de l'homme regardent avec une curieuse indulgence.
En temps normal,
je n'aurais donc pas ressenti le besoin de défendre le régime iranien, pour lequel je n'éprouve aucune attirance particulière, en vertu des raisons sus-mentionnées. Seulement voila, ce pays se trouve aujourd'hui soumis à tel flot de critiques, souvent exagérées et parfois mensongères, qu'il y a certaines vérités à rétablir.



Tout d
'abord, le premier mensonge porte sur le caractère religieux "extremiste" de l'Iran. Ce pays est souvent décrit comme l'antre du fondamentalisme musulman extrème, comme un Etat fanatique qui appliquerait de façon aveugle les règles et coutûmes religieuses les plus rétrogrades, et persecuterait ses minorités. Ceux qui propagent cette image sont généralement des gens qui n'ont jamais pris la peine de voyager en Iran, de vivre dans cette société, d'essayer de la penetrer. Par exemple, on parle souvent d'une société "misogyne", ne respectant aucunement les droits des femmes; la vérité est beaucoup plus nuancée. La pression religieuse est certes un fardeau pour certaines femmes, et ammène des comportements qui peuvent paraitre choquant. Mais les Iraniennes ont droit aux universités, réussissent aussi bien professionnellement que les hommes, accèdent aux mêmes professions. Le voile n'est souvent qu'un petit foulard élégamment noué sur les cheveux. La lapidation, tellement décriée (à raison, bien sur), a été suspendue dans le pays depuis plusieurs années déjà; lorsque ces drames se produisent, ils sont plus souvent le fait de la foule, que des pouvoirs publics.
De mê
me, les droits des minorités sont relativement bien respectés, bien plus que dans d'autres pays Moyen-Orientaux. Loin de l'image d'un pays antisémite véhiculée par les médias occidentaux, la communauté juive d'Iran est protégée, a droit à ses lieux de cultes, et est représentée à l'Assemblée. En fait, les discriminations visent bien plus les musulmans non-chiites, que les chrétiens et les juifs.
Or, qu'en est-il dans d'autres pays, par exemple l'Arabie Saoudite, pays islamiste "modéré" -car allié de l'Occident? Les femmes y sont exclues de nombreux emplois, portent souvent le "voile intégral" (non-préconisé par le Coran, pourtant), les chrétiens n'ont pratiquement aucun droits. Quand aux athées et aux juifs, ils sont tout bonnement interdits de territoire. Voila qui règle bien des choses...


Pourtant, peu de v
oix se sont élevées lors des élections saoudiennes. Pour la bonne raison que ces élections... n'existent pas! En effet, on a eu beau jeu de critiquer la façon dont les elections iraniennes se sont déroulées. Mais force est de constater, déjà, qu'au moins, elles ont lieu! A partir de la, parler d'une "dictature" iranienne, n'a pas de sens. D'autant plus que, contrairement à ce qui se passe dans les républiques bananières, l'Iran peut connaitre des surprises électorales. Deux fois déja, en 1997 avec le réformateur Khatami, en 2005 avec le conservateur Ahmadinejad, un candidat "surprise" a été élu, contre celui soutenu par les forces religieuses.
Quant aux de
rnières élections, elles ont été bien moins frauduleuses que celles, par exemple, qui viennent d'avoir lieu au Gabon. Ou que celle de Georges Bush en 2000. Alors pourquoi Sarkozy (qui avait félicité Poutine lors d'élections législatives aussi louches) et Merkel éprouvent-ils le besoin de se focaliser ainsi sur ce dossier? Ne faut-il pas y voir, tout simplement, une part de fureur devant le soutien massif des iraniens à Ahmadinejad, démontant la thèse du "gentil peuple opprimé par ses méchants dirigeants"?
Il est vrai, comme a dit Sarkozy, que le peuple iranien ne mérite pas ses dirigeants actuels. Mais ça, c'est presque universel. Nous, français, ne méritons pas plus Sarkozy, et les allemands ne méritent pas non plus Merkel. Mais dire cela, pour un chef d'Etat étranger, c'est d'une grossièreté inouïe, et une entorse à toutes les règles normales de la diplomatie.


Quant
à la question du nucléaire, je pense que, certes l'Iran n'avait pas à signer le TNP s'il n'entendait pas le respecter. Mais que cela vaut toujours mieux que les trois Etats qui ne l'ont pas signé et se sont doté sans vergogne de l'arme nucléaire, à savoir l'Inde, le Pakistan et Israel.
L'AEIA, charg
ée de contrôler le programme nucléaire iranien, a récemment indiqué que la menace était largement exagérée. De plus, voir des puissances ayant acquis l'arme atomique (et s'en étant déja servi, pour les USA), prétendre interdire à un grand pays, relativement pacifique, de s'en servir, me gène un peu.
C
ertains craignent que l'Iran ne veuille prendre la tète des pays islamistes anti-occidentaux. Mais le conflit du Haut-Karrabagh, où il a pris le parti de l'Arménie chrétienne et de la Russie orthodoxe, contre deux Etats musulmans (Azerbaïdjan et Turquie), montre que l'Iran mène une politique réaliste basée sur ses interêts, et pas vraiment sur des facteurs religieux.



En conclusion, l'Iran n'est certes ni un modèle de démocratie, ni de modernité. Le caractère théocratique de son régime m'empèche d'avoir la moindre sympathie pour ce dernier. Mais ce n'est pas non plus la dictature atroce, moyenâgeuse, antisémite et agressive décrite. Si l'on veut critiquer l'Iran, alors il faut commencer par critiquer l'Arabie Saoudite, le Qatar, tous ces Etats bien plus extremistes, bien plus autoritaires, ou les elections, les athées et les juifs n'existent pas. Mais bien sur, leur soutien aux USA les protège de toutes ces critiques. Et puis, peut-on vraiment dénoncer la prétendue "menace iranienne" alors que l'Occident a éliminé le pire ennemi du régime des mollahs, Saddam Hussein (il est vrai que le refus de la guerre en Irak par la France et l'Allemagne donne plus de légitimité à ces derniers pour porter ces critiques...) ?

# Posté le mercredi 02 septembre 2009 13:13

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 15:17

Pourquoi la Gay Pride est condamnable

Pourquoi la Gay Pride est condamnable

Je sais que j'écris cet article un peu tardivement, puisque cela va bient faire une semaine que la Gay Pride a eu lieu; mais je n'avais pas eu le temps de donner mon avis dessus auparavant. Et comme, chaque année, je dois justifier mon opposition à ce genre de rassemblement, j'ai décidé, une bonne fois pour toutes, de clarifier ma position dans un article.

Déja, le terme de "Gay Pride" me déplait très fortement; n'y-a-t'il pas des mots en français qui pourraient traduire ce terme, au lieu de reprendre stupidement une expression anglo-saxonne? Au-dela même de cette insulte à la francophonie, il serait très interessant de voir ce que donnerait, traduit en français, ce terme. Ce serait quelque chose de l'ordre de "fierté homosexuelle". Et c'est la le premier point qui bloque.


Que ce soit la "fierté gay", "marche des fiertés", ou autre, une question se pose: mais de quelle fierté parle-t-on?
Il n'y a en réalité absolument aucune raison d'être fier d'être né homosexuel. Ou hétérosexuel d'ailleurs. Ou blanc. Ou noir. Ou homme. Ou femme. En effet, ce sont la des caractéristiques que l'on ne choisit pas, que l'on acquiert pas, qui sont innée. Comment, alors, être fier de ce que l'on a pas choisi?
Si l'on généralise le principe de la "fierté homosexuelle", alors va-t-on bientôt voir des défilés de gens fiers d'être noirs? d'être blancs? d'être grands, blonds aux yeux? Est-ce que ce n'est pas le premier pas en direction d'un système ou l'on serait fier, non plus de ce que l'on fait, de ce que l'on défend (idées et valeurs politiques, acte de courage, talent en sport, nationalité, religion...), mais juste de ce que l'on est (homosexuel, hétérosexuel, homme, arabe, blanc...)? Ce qui signifie très simplement que la valeur d'un individu ne serait plus determiné par ce qu'il fait de sa vie, mais par sa simple naissance. Un principe qui, pour ma part, me laissera toujours dubitatif.

Je suis fier d'être un bon cycliste, de bien jouer à Call Of Duty, d'être ouvert (je pense), d'être français; en revanche, je ne suis fier, ni d'être blanc, ni d'être hétérosexuel, ni d'être un homme. Ce sont des caractéristiques que je n'ai pas choisi, je n'ai donc aucun mérite, ni aucune honte d'ailleurs, à les avoir.


On me dira que je me formalise trop sur le principe de "fierté homosexuelle"; que si l'idéologie de cette manifestation est originellement viciée, beaucoup de gens n'y adhèrent pas. Et que la plupart des participants entendent avant tout lutter contre l'homophobie. L'ennui, c'est que sur un plan concret, l'objectif n'est pas atteint, bien au contraire!


Je sais que beaucoup de gens de bonne foi se rendent à la "Gay Pride", pensant lutter contre l'homophobie et l'intolérance; l'ennui, c'est que cette manifestation est, en réalité, probablement une des plus homophobes au monde.
De quoi souffrent les homosexuels aujourd'hui? Principalement d'une chose: les préjugés. Or, est-ce qu'une manifestation qui prétend représenter les homosexuels, et où gros tatoués en strings de cuir côtoient des types maquillés et recouvert de plumes peut lutte efficacement contre ces préjugés? Bien evidemment, non, et elle contribue au contraire à les renforcer! J'ai déja eu l'occasion d'entendre plusieurs amis homosexuels se plaindre de la "Gay Pride", et la dénoncer beaucoup plus vigoureusement que moi, estimant qu'elle les ridiculisait, en en donnant l'image d'une communauté à part, complètement hystérique, déguisée, maquillée, provocatrice. Quelle aubaine que la "Gay Pride" pour les homophobes et leurs préjugés!
Les homosexuels ne réclament pas le droit à la différence, mais à l'indifférence. Ils ne veulent pas être représentés comme une bande de "folles" emplumées et maquillées, mais comme ce qu'ils sont: des individus totalement semblables à vous et moi, qui partent travailler en costard-cravate, qui vont se promener en jogging, qui ne restent pas cloitrés entre eux. La seule différence entre eux et moi, c'est qu'ils ne se retournent pas sur les filles dans la rue. Alors pourquoi chercher absolument, comme le fait la "Gay Pride", à en donner une image totalement délirante, celle d'une communauté hystérique et spécialiste d'accoutrements grotesques?



Si demain avait lieu une marche de la "fierté banlieusarde", ou se cotoiraient bombes à tags, rappeurs vulgaires et dealers, je me sentirais (en tant qu'habitant de banlieue) gravement insulté. De même, la majorité des homosexuels ne peuvent que se sentir humiliés de voir qu'au sein d'une manifestation censée les représenter, se retrouvent les pires clichés véhiculés sur eux. Pour cette raison, par respect pour les centaines de milliers d'homosexuels qui ne demandent qu'à vivre tranquillement leur vie, et parcequ'on ne peut être fier d'une caractéristique que l'on n'a pas choisie sans dériver vers le communautarisme, je pense que la "Gay Pride" devrait être fermement condamnée par l'ensemble des forces républicaines françaises.


Note: je suis en vacances pendant à compter d'aujourd'hui. Je reviendrai donc m'occuper de ce blog dans deux semaines...

# Posté le mercredi 01 juillet 2009 06:49

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 00:36

Peut-on encore parler d'ouverture?

Peut-on encore parler d'ouverture?
Il était évident que Christine Albanel sauterait avec le désastre Hadopi, et l'on ne va pas s'en plaindre. Il était moins facile de prévoir qu'elle serait remplacé par Frédéric Mitterand, neveu de François, ce qui a fait dire aux journalistes que Nicolas Sarkozy continuait sa politique d'ouverture.
Un terme en
réalité tout à fait improprié; il n'est acceptable que si l'on raisonne selon un schéma classique gauche-droite. Mais, si l'on essaye de dépasser de clivage, de regarder, au-dela des noms, les vrais idéologies, et de Nicolas Sarkozy, et des mitterandistes qui l'ont rejoint, on remarque qu'elle est pratiquement similaire. Nicolas Sarkozy apparait de plus en plus, en réalité, comme un second Mitterand -il n'a d'ailleurs jamais caché la très grande admiration qu'il vouait à ce dernier.


Leurs méthodes, bien sur, sont déja très similaires. Mitterand s'est fait élire sur une politique de gauche prolétarienne (afin de tuer le Parti Communiste), qu'il n'a finalement pas appliquée. Sarkozy s'est fait élire sur une politique de droite bonaparto-souverainiste (afin de tuer le Front National), qu'il ne semble clairement pas vouloir appliquer. Nicolas Sarkozy sera-t-il le Mitterand de la droite?



En réalité, regarder cela par la politique intérieure serait une erreur. Outre que tous deux sont sur le même modèle (libéral-capitaliste avec régulation), un Président se définit avant tout comme étant le représentant de la France, son chef, et donc, c'est à l'aune de sa politique extérieure, son "domaine reservé", qu'il doit être comparé. Or, force est de constater qu'il existe de très fortes similitudes entre les politiques étrangères de François Mitterand entre 1981-1995, et de Nicolas Sarkozy.

La première, c'est l'atlantisme. Mitterand était connu pour avoir été le plus atlantiste de nos présidents; les socialistes semblent oublier qu'en réintégrant le C.M.I. de l'Otan, Sarkozy n'a fait qu'achever un long processus, commencé sous et par Mitterand. Ce dernier s'est aussi distingué en se faisant le fidèle vassal des Etats-Unis lors de la 1ère guerre du Golfe. 15 ans après, Sarkozy critiquera "l'arrogance de la France" qui s'était opposée, via Chirac et Villepin, à la seconde.

Allant de paire avec cet atlantisme, la méfiance envers la Russie. Alors que De Gaulle, Giscard et Chirac ont été considérés comme des grands amis de ce pays, c'est sous Mitterand que nos liens ont été les plus tendus -avec notamment la fin des fameux "sommets" franco-soviétiques. Force est de constater aujourd'hui, comme on l'a vu lors de l'affaire ossète, que la diplomatie française semble avoir pris, à nouveau, beaucoup de distance avec la Russie.

Autre point important: le rapprochement avec Israel. De même que Mitterand avait critiqué les discours très fermes du Général De Gaulle envers cet Etat, et avait amorcé un rapprochement avec lui immédiatement au pouvoir, Nicolas Sarkozy n'a jamais approuvé la politique pro-arabe de Jacques Chirac. Son arrivée au pouvoir a été l'occasion d'un réchauffement avec Israel (avec notamment la nomination de Kouchner, exigé par Israel en lieu et place de Hubert Védrine, initialement prévu, et jugé trop "pro-arabe").

Il faut y rajouter une politique européenne, voire européïste, très importante. Ceci dit, cette dernière ne venait pas tant de Mitterand, que de Valery Giscard d'Estaing, euro-fédéraliste convaincu; elle a d'ailleurs perduré sous Chirac, mais c'est probablement sous Mitterand et Sarkozy qu'elle a atteint son apogée, symbolisée par Maastricht sous le premier, Lisbonne sous le second.

Enfin, n'oublions pas, de façon plus générale, une politique très "droit-de-l'hommiste", pratiquant régulièrement l'ingérence, officiellement "humanitaire" -mais en réalité toujours politique. L'homme qui symbolise cela, bien sur, n'est autre que le docteur Kouchner, un des plus grands influenceurs de Mitterand (notamment lors de la guerre des Balkans...), et aujourd'hui chef de la diplomatie sarkozyste. Tout se recoupe.



C'est pour cela que, dans le fond, l'arrivée d'un certain nombre d'anciens proches de Mitterand (Kouchner, Attali, Jacques Séguéla, Roger Hanin, Enrico Macias... bientôt Jack Lang?) aux côtés de Nicolas Sarkozy n'a rien pour surprendre. Au-dela des clivages artificiels de parti, une même vision de la France, de la société, du monde, les rassemble. Ce n'est donc pas une ouverture. Juste le regroupement de personnes partageant une même idéologie, et qui étaient jusque la éclatés entre partis.
Et Frédéric Mitterand? Il était mitterandien sous son oncle, chiraquien sous Chirac, ségoliste en 2007, il est devenu sarkozyste sous Sarkozy. Vivement Le Pen ou Besancenot au pouvoir, qu'on le voit se convertir au frontisme ou au trotskysme.

# Posté le mercredi 24 juin 2009 09:53

Modifié le mercredi 24 juin 2009 10:05

Pour tous mes visiteurs...

Pour tous mes visiteurs...

Alors que j'avais quelque peu délaissé ce blog, j'ai eu la grande surprise de le voir affiché en "blog-star", ce qui m'a evidemment incité à le reprendre plus en détails. Avant tout, je voulais remercier l'équipe de Skyblog qui a accepté de l'afficher en tant que "blog-star", alors que je ne me souviens pas leur avoir demandé d'ailleurs. Je voulais aussi remercier tous ceux qui sont passé sur mon blogs, ceux avec qui j'ai pu discuter, débattre, ceux qui m'ont encouragé, ainsi bien sur que mes vieux visiteurs de longues dates, qui ont contribué à faire vivre ce blog même lorsque les visites venaient à manquer.
J'ai reçu énormément de commentaires, et je ne cache pas que ce n'est pas forcément facile à gérer, aussi j'ai décidé de répondre, un peu en vrac, aux principales questions et critiques que j'ai recues.



1) D'abord, non je ne censure pas. Il m'arrive d'oublier de répondre, en revanche, j'ai laissé tous les commentaires, même les plus critiques et les plus violents. Je n'ai censuré que deux types de commentaires: ceux comportant des propos injurieux, racistes ou diffamatoires, parce que la charte de Skyblog m'y oblige, et d'autre part, les commentaires publicitaires sans rapports avec le contenu du site.

2) Puisque certains veulent, très facilement, trop facilement parfois, me coller une étiquette politique, je dirais que je suis gaulliste et républicain. Plus généralement, je suis aussi souverainiste, bonapartiste, jacobin, kemaliste, disraeliste, etc.
Mais je ne suis absolument pas sarkozyste. Je n'ai jamais voté UMP, et je suis la plupart du temps en opposition avec ce parti.


3) D'autre part, je trouve triste d'avoir à le repeter, je ne suis ni extremiste, ni intolérant, ni quoi que ce soit de ce genre. J'expose mes idées, certes de façon très polémique. Mais je n'insulte personne, je comprends très bien qu'on ne soit pas d'accord avec moi et je suis toujours partant pour des débats.

4) NON, CE BLOG N'EST PAS OBJECTIF!! Je l'ai précisé bien en évidence sur la présentation; je l'ai répété des centaines de fois. Ce n'est visiblement pas assez pour certains qui me reprochent encore de prendre parti.
Le but de ce blog est de donner mon avis sur l'actualité (pour ceux que cet avis interesse...), pas de repeter bêtement des dépêches de l'AFP ou des articles de journaux...

5) Je suis prêt à répondre à toute critique, question ou interpellation. J'aime beaucoup discuter avec des gens qui ont des opinions différentes, donc je conseille à ceux qui sont en désaccord avec moi que nous en débattions. Je pense que ce sera plus constructif que les "t un konar jème pas té idés" ou autres "tu dis nimporte koa ça ce voa que tu fé de la propagan2". A bon entendeur...



Encore une fois, merci à tous ceux qui laissent des commentaires et participent à la vie du blog. Je sais très bien qu'à mon âge, je manque terriblement d'expérience encore et de toutes les connaissances qui me permettraient de me considérer comme un spécialiste. Je ne cherche donc pas à imposer mon opinion (d'ailleurs, même un spécialiste ne devrait pas chercher à le faire), je ne dis pas que j'ai raison, je m'interroge juste, et ce site est un espace ou je vous propose de lire mes réflexions et d'en discuter. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue. Je donne mon opinion. A vous de voir si elle vous parait pertinente ou non.




# Posté le dimanche 14 juin 2009 15:51

Modifié le mardi 16 juin 2009 13:16